Sidi Bou mon Amour

La chaleur retombait un peu, pourtant le chemin poussiéreux qui menait au village brûlait encore mes pieds nus.
Les ombres s'étiraient lascivement, la voix du Muezzin résonnait dans la colline de Sidi Bou Saïd, exhortant les fidèles à la prière du soir.
J'adorais longer ce mur de pierres blanchies à la chaux, cachant un jardin assurément luxuriant que mon imaginaire d'enfant explorait inlassablement.
Les senteurs de jasmin qui s'en échappaient, libéraient mon esprit et enchaînaient définitivement mon coeur à ce pays.
Les femmes et les parfums sont subtils aussi faut-il les bien enfermer a dit Mahomet.
Il me paraissait bien au contraire que les parfums et sans aucun doute les femmes, mais je n’en avais alorsqu’une perception légère, nous enchaînaient avec bien plus de force que l’égoïsme assassin des hommes ne les pouvaient contraindre.
Mais peut être était-ce cela qu’ils redoutaient le plus après tout.
Je préférais donc penser qu’il fallait le plus beau des écrins pour que le parfum soit le plus enivrant, le plus attachant possible.
Et les ruelles inégalement pavées de Sidi Bou Saïd ont fait l’amour à mes sens bien avant mon dépucelage, chargées d’odeurs d’huile chaude et de thé à la menthe.
Ana Ba-heb-bek Tunisia.